04 décembre 2009

Les tribulations... (Part Two, Three and Blablabla)

C'est ainsi qu'après une journée dédiée à la vilaine Fée Fokonbosse (cousine éloignée de Carabosse, tout aussi désagréable que sa parente), nos deux amies se préparèrent à leur périple. Les havresacs furent remplis du nécessaire vital pour une telle entreprise: souliers de rechange, chausses plus épaisses en cas de froid, vêture supplémentaire en cas de pluie ainsi que foultitude d'autres petites choses que les fées trimballent toujours dans leurs besaces, juste au cas où.

Rouleboulette devait rejoindre Brindillette sur le quai où attendait le bac sur lequel elles embarqueraient leur attelage, puisque la première partie du voyage consistait en une traversée d'un dangereux bras de mer infesté de méduses (répugnantes créatures). Là, elle s'aperçut que son amie n'avait pas encore terminé ses dévotions à Fokonbosse. Pourtant, il fallait absolument embarquer l'attelage, sous peine de rester à quai. Alors, n'écoutant que son courage, Rouleboulette prit les rênes des mains de Brindillette et... rien. Elle vécut un grand moment de solitude en se rendant compte qu'elle ne savait absolument pas comment s'adresser aux chevaux pour les faire avancer. Heureusement, Brindillette vola à son secours et l'attelage s'ébranla poussivement, mené par une Rouleboulette pas franchement à son aise.

Quelques petits tours de sabliers plus tard, les deux petites fées se rejoignirent dans leur cabine, où Brindillette scella définitivement leur amitié avec un bracelet identique pour elles deux. Puis, elles décidèrent de faire une petite libation pour la Fée Chopine et sirotèrent un breuvage composite, à base de fruits exotiques pour l'une et de pomme et baies pour l'autre. Mais leur service envers Fokonbosse ayant consommé pas mal de leur énergie, la Fée Ronpisch exigea bien vite son dû en sommeil...

Le lendemain matin, une musique tonitruante les tira du lit, bien trop tôt à leur goût. Les yeux bouffis, la chevelure en broussaille, elles retrouvèrent rapidement visage présentable après quelques ablutions indispensables et une inévitable application de poudre de fée. Rassemblant ensuite leurs affaires, elles s'offrirent une collation vite expédiée et rejoignirent leur attelage pour prendre la route.

Route qui s'avéra difficile pour cause de chaussée défoncée en de nombreux endroits et d'un nombre impressionnant d'attelages allant dans la même direction que nos commères. Mais, à force d'une attention constante, de persévérance et surtout de patience, la Cité du brouillard persistant fut bientôt en vue. Il faut d'ailleurs préciser que ce jour-là, la capitale des "En-glaise" se trouvait bien mal nommée puisqu'aucun brouillard ne la recouvrait et qu'au contraire un frileux soleil d'hiver faisait étinceler les facades des échoppes.

Guillerettes mais un brin flapies, les deux fées parquèrent leur attelage dans une caverne naine (souterraine, froide et nauséabonde) et se dirigèrent d'un bon pas vers un tavernier spécialisé dans les douceurs épicées mais surtout les déclinaisons de cette concoction noirâtre et amère appelée "caufie". Toutes deux choisirent une chaude boisson revigorante à bas de "caufie" et de caramel (besoin irrépressible de sucre) ainsi qu'une petite douceur, histoire de se mettre en jambes pour la suite.

Car il faut expliquer ici que vouer un culte à la Fée Shopping peut s'apparenter dans un premier temps à une partie de plaisir, mais que cela devient vite un véritable chemin de croix au fur et à mesure que l'eau de la clepsydre s'écoule et que le cadran solaire prend le relais pour décompter le temps. Dans le cas d'un culte uniquement superficiel, la célébrante ne fait que se promener erratiquement, nez au vent, sans s'imposer de rythme particulier. Mais pour les forcenées telles que nos deux héroïnes, un culte approfondi nécessitait stratégie, discipline et rythme, afin de couvrir une étendue la plus vaste possible, ne pas se laisser distraire de l'objectif par des tentations parasitaires et finaliser au mieux la mission. Chose qui mettait d'ordinaire le corps à rude épreuve.

Ainsi ragaillardies par leur petit bivouac improvisé, Brindillette et Rouleboulette s'attelèrent donc à leur tâche. Les échoppes se succédèrent, les marchands défilèrent, les marchandises se déployèrent devant leurs yeux. Vêtements, souliers, verroteries, besaces de toutes formes et de toutes couleurs, leurs yeux furent assaillis de toutes parts, dans un tourbillon chatoyant et clinquant. Elles prirent énormément de plaisir à essayer toutes sortes d'ornements capillaires, tous plus improbables les uns que les autres, ainsi que d'étranges socques sur lesquelles elles eurent l'impression d'être juchées comme sur des échasses.

(Rouleboulette vous prouve que le ridicule ne tue pas)

Finalement, l'estomac dans les talons, elles décidèrent de s'accorder une petite pause et déjeunèrent d'une soupe et d'un petit pâté chaud, nourriture purement locale. Malheureusement, les longues gambette de l'une et les mollets ronds de l'autre s'ankylosèrent bien vite de ce manque d'action et reprendre la route après ce petit repos. Repartir en mission fut douloureux.

Après cela, les heures défilèrent plus ou moins de la même façon que précédemment, à ceci près que la fatigue finit par se faire sentir de plus en plus durement à mesure des lieues parcourues par nos deux petites fées. Et tandis que Brindillette perdait de plus en plus espoir quand à la meilleure façon de dépenser son magot, Rouleboulette trottinait vaillamment à ses côtés, uniquement guidée par son instinct de survie en milieu hostile. D'ailleurs, elle savait précisément où elle placerait son offrande et s'accrochait à l'idée que chaque pas en avant la rapprocherait un peu plus de son but.

Ayant bouclé une boucle de leur pèlerinage, nos deux amies s'arrêtèrent enfin de marcher, entrèrent dans l'échoppe d'un tailleur, où Rouleboulette passa commande de deux jupettes et deux paires de bottes, tandis que Brindillette se contenta chichement d'un ornement capillaire à plumes. Allégées d'une partie de leur bourse, heureuses d'avoir effectué ce périple ensemble mais épuisées, elles récupérèrent leur attelage dans la caverne naine et prirent le chemin du retour, non sans s'arrêter pour faire le plein de provisions typiques de l' "En-Glaise-Land".

Rouleboulette quitta Brindillette le lendemain matin avec un sentiment de gratitude extrême envers celle-ci pour avoir été sa parfaite compagne de voyage. Elle lui était reconnaissante de tout ce qui avait pu se passer entre elles, de cette amitié et cette complicité si rare et si importante à ses yeux. Elle avait la sensation d'avoir trouvé bien plus qu'une amie dans cette aventure.

Toutefois, elle se dit aussi qu'au nom de cette amitié sacrée, jamais elle n'avouerait à Brindillette que sa façon de mener son attelage la rendait parfois un peu anxieuse...

Mais ceci, mes amis, est une autre histoire, et il nous faut ici clore les Tribulations de Brindillette et Rouleboulette au pays des "En-Glaise"...

Posté par Elo Sunshine à 00:11 - Commentaires [3] - Permalien [#]
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Commentaires sur Les tribulations... (Part Two, Three and Blablabla)

    ...Ah ah ah...

    T'as peur en voiture avec moi? Ben v'la aut' chose!!
    Merci en tout cas pour ce récit très fidèle de nos aventures et merci aussi pour tout le reste.
    On y retrourne quand??

    Posté par Mimibrindillette, 06 décembre 2009 à 11:32 | | Répondre
  • Je vois que tu peux te reconvertir en hôtesse de l'air, le petit couvre-chef te va à merveille!!!

    Posté par aurlam, 07 décembre 2009 à 09:43 | | Répondre
  • C'est un vrai bonheur de te voir rire et sourire ! J'ai un petit faible pour la perruque caniche blonde stylée Jackson Five qui te va à ravir...J'espère que tout va bien et t'embrasse.

    Posté par tatouinne, 10 décembre 2009 à 03:50 | | Répondre
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